Mieux entendre dans le bruit : Test ACT

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La compréhension de la parole dans le bruit reste l’une des principales difficultés rapportées par les patients présentant une perte auditive. En consultation, cette plainte revient fréquemment : le patient entend, mais peine à comprendre dès que l’environnement sonore devient complexe. Conversations de groupe, repas au restaurant, réunions professionnelles ou lieux publics bruyants deviennent alors des situations fatigantes, parfois évitées.

Pour les professionnels de santé auditive, cette réalité clinique souligne une limite bien connue : l’audiogramme tonal, bien qu’indispensable, ne permet pas toujours de prédire les performances d’un patient dans le bruit. À perte auditive équivalente, deux patients peuvent présenter des capacités très différentes à extraire la parole d’un environnement sonore concurrent.

C’est dans ce contexte qu’Oticon et Interacoustics, deux marques du groupe Demant, ont développé le test ACT, pour Audible Contrast Threshold. Ce test vient compléter l’évaluation audiologique traditionnelle en mesurant la capacité du patient à détecter des contrastes sonores dans le bruit. Il apporte ainsi une information fonctionnelle directement exploitable pour affiner l’adaptation des aides auditives.

Aller au-delà de la seule mesure des seuils auditifs

L’audiogramme tonal reste un examen de référence dans le parcours auditif. Réalisé en cabine insonorisée, il permet de mesurer les seuils de perception du patient à différentes fréquences et intensités. Il constitue une base essentielle pour caractériser le degré et le profil de la perte auditive.

Cependant, cet examen évalue principalement l’audibilité dans des conditions idéales, c’est-à-dire en environnement calme et contrôlé. Or, les situations problématiques rapportées par les patients se produisent rarement dans le silence. Elles apparaissent au contraire dans des environnements sonores riches, mouvants et imprévisibles.

Le test ACT apporte donc une donnée complémentaire : il ne cherche pas uniquement à déterminer si le patient entend un son, mais à évaluer sa capacité à distinguer une information acoustique pertinente au sein du bruit.

Cette mesure est particulièrement intéressante pour mieux comprendre pourquoi certains patients, malgré des audiogrammes similaires, présentent des besoins très différents en matière de traitement du bruit, de confort d’écoute et de soutien prothétique.

Qu’est ce que le test ACT ?

Le test ACT est un test auditif rapide, généralement réalisé en quelques minutes. Contrairement aux tests classiques de compréhension de la parole dans le bruit, il ne dépend pas de la langue parlée par le patient. Il tient également compte de l’audiogramme, ce qui facilite son intégration dans une démarche d’évaluation individualisée.

Son principe repose sur la présentation d’un bruit dans lequel se trouve un signal cible de type « sirène », dont les caractéristiques acoustiques sont proches de celles de la parole. Le patient doit indiquer lorsqu’il perçoit ce signal, généralement en appuyant sur un bouton.

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En faisant varier le contraste entre le bruit de fond et le signal cible, le professionnel identifie le plus faible contraste que le patient est capable de détecter. Le résultat obtenu correspond au seuil de contraste audible.

Autrement dit, ACT mesure la capacité du patient à percevoir une différence acoustique pertinente dans un environnement bruyant. Cette information permet d’approcher plus finement la façon dont le système auditif traite les signaux complexes.

Un outil d’aide au réglage des aides auditives

L’un des principaux intérêts du test ACT réside dans son apport à l’adaptation prothétique. Le score obtenu fournit à l’audioprothésiste une indication supplémentaire pour personnaliser les réglages des aides auditives, notamment les paramètres liés à la gestion du bruit et à la mise en valeur de la parole.

Le test peut ainsi aider à ajuster :

  • la réduction du bruit ;
  • la directivité microphonique ;
  • la priorité accordée à la parole ;
  • les automatismes d’adaptation à l’environnement sonore ;
  • l’équilibre entre confort d’écoute et performance dans le bruit ;
  • les fonctions avancées de traitement du signal, notamment lorsqu’elles intègrent des technologies d’intelligence artificielle

Cette approche permet de dépasser une logique fondée uniquement sur la perte auditive mesurée en cabine. Elle introduit une dimension plus fonctionnelle : le réglage est également guidé par la capacité du patient à traiter les contrastes sonores dans le bruit.